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4,6 M $ pour changer le nom de l’Université de Moncton : « pas une barrière », dit le comité citoyen |RADIO-CANADA|

RADIO-CANADA – Publié le 3 décembre 2023

Un comité de citoyens qui milite pour faire changer le nom de l’Université de Moncton s’est réuni dimanche matin afin de décortiquer le rapport sur la question qui a été présenté vendredi.

Le campus de l’Université de Moncton le 1er juin dernier.
PHOTO : RADIO-CANADA / IVANOH DEMERS

Depuis quelques mois, un comité demande de remplacer le nom de la plus grande université francophone des provinces de l’Atlantique.

Selon les membres de ce comité, ce nom fait référence à Robert Monckton, l’administrateur colonial britannique qui a joué un rôle actif dans la déportation des Acadiens au 18e siècle.

Dans un rapport présenté vendredi, l’historien Maurice Basque et la politologue Stéphanie Chouinard ont déterminé que le changement du nom de cette université pourrait coûter jusqu’à 4,6 millions de dollars.

Lise Ouellette en entrevue le 16 avril dernier à Edmundston.
PHOTO : RADIO-CANADA

Dans une entrevue accordée dimanche au Téléjournal Acadie, Lise Ouellette, une des porte-parole du comité citoyen en faveur de ce changement de nom, a qualifié le rapport Chouinard-Basque de rigoureux. Elle s’interroge toutefois sur les coûts évoqués par les auteurs.

On aimerait que ce soit plus bas, évidemment. Même à 4,6 millions, ce n’est pas une barrière au changement de nom.

Une citation de Lise Ouellette, porte-parole du comité citoyen pour le changement de nom de l’Université de Moncton

Il y a probablement des dépenses qui sont trop élevées là-dedans et qui ne sont pas nécessairement pertinentes, a-t-elle affirmé. ll faut faire une étude plus approfondie de la question des coûts.

Pas aux frais des étudiants, plaide le comité

Dans le rapport sur la dénomination de l’Université de Moncton, Maurice Basque et Stéphanie Chouinard ont aussi noté qu’on avait peu entendu les étudiants dans ce débat.

Le président de la Fédération étudiante de l’Université de Moncton (FÉCUM), Étienne Bélanger, a répondu vendredi que les étudiants ont d’autres priorités : leurs études, leurs droits de scolarité et le coût de la vie.

Le nom que porte l’Université de Moncton n’est pas la priorité des étudiants, selon le président de la FÉCUM, Étienne Bélanger. (Photo d’archives)
PHOTO : RADIO-CANADA / PATRICK LACELLE

Lise Ouellette y voit une occasion à saisir. Le comité citoyen dit avoir entamé une série de rencontres avec les conseils étudiants et avec la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick (FJFNB).

On s’est déjà engagés dans une campagne de financement communautaire pour couvrir les coûts du changement [de nom], dit-elle. Ce ne sera pas aux frais des étudiants, ça, c’est extrêmement clair.

On comprend les priorités des associations étudiantes au niveau du coût de la vie à l’heure actuelle, alors on est très empathiques, assure-t-elle.

Le mandat confié à Stéphanie Chouinard et à Maurice Basque ne leur demandait pas de recommander ou non un changement de nom.

Lise Ouellette affirme que le comité demeure prudemment optimiste quant au succès de sa démarche.

Les consultants engagés par l’Université de Moncton, Maurice Basque et Stéphanie Chouinard, ont présenté leurs conclusions vendredi.
PHOTO : RADIO-CANADA / NICOLAS STEINBACH

Le comité citoyen se prépare à participer samedi prochain à une rencontre avec le conseil de l’Université de Moncton.

On va travailler avec le conseil de l’Université pour poursuivre les démarches dans le dossier, dit Mme Ouellette.

C’est toujours un processus qui est sensible et délicat, mais il faut absolument éviter de polariser. Il faut créer des occasions de dialogue. Il faut que la démarche soit constructive, ajoute-t-elle. Il faut de la transparence, et nous, on va travailler dans ce sens-là.

Avec les renseignements de Janic Godin

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