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Des médias francophones essayent de s’adapter au blocage de nouvelles par Meta |RADIO-CANADA|

Prenez note que cet article ne fait plus l’objet de mise à jour et pourrait contenir des informations désuètes.

RADIO-CANADA – Miguelle-Éloïse Lachance, publié le 3 août 2023

En entrevue à l’émission Le matin du Nord, trois intervenants du milieu de l’information ont partagé leurs avis et stratégies sur le début du blocage des contenus d’information canadiens sur Facebook et Instagram.

Le journal Le Voyageur est disponible en version papier, sur le web et dans une infolettre.
PHOTO : RADIO-CANADA / MIGUELLE-ÉLOÏSE LACHANCE

Julien Cayouette, rédacteur en chef du journal Le Voyageur, raconte qu’une infolettre gratuite avait été créée pendant la pandémie.

On essaie de la promouvoir, d’inviter les gens à s’inscrire pour rester informés.Une citation deJulien Cayouette, rédacteur en chef du journal Le Voyageur

Il croit que l’infolettre a un grand potentiel, surtout que Le Voyageur, basé à Sudbury, couvre l’ensemble du Nord-Est de l’Ontario.

Julien Cayouette accorde une entrevue.
Julien Cayouette affirme avoir reçu que quelques commentaires en lien avec le blocage des nouvelles, mais souligne que certains abonnés de la page Facebook du journal encouragent les gens à ne pas l’oublier. (Photo d’archives)
PHOTO : RADIO-CANADA / ZACHARIE ROUTHIER

Il note aussi que son journal n’est pas en position de force pour négocier une entente avec Meta, contrairement à d’autres médias.

Il ajoute qu’il y a encore des incertitudes concernant l’inclusion du journal Le Voyageur dans les négociations.

Si vous n’avez pas 2 journalistes, vous n’êtes pas une organisation journalistique reconnue au Canada, explique M. Cayouette, donc il y a une chance que Le Voyageur soit bloqué par Facebook et n’ait pas accès à l’argent du gouvernement si jamais il y en a.

On est perdant des 2 côtés et il faut trouver des solutions.

Une citation de Julien Cayouette, rédacteur en chef du journal Le Voyageur

Je ne suis pas trop inquiet, affirme pour sa part Steve McInnis, directeur général des Médias de l’épinette noire, qui comprennent le journal Le Nord et la station de radio CINN.

Nous avons quand même une radio qui est capable de passer le message pour ne pas faire oublier le journal, note-t-il.

M. McInnis envisage aussi de lancer une infolettre, à l’instar du Voyageur.

De son côté, Mélanie Tremblay, rédactrice en chef de Francopresse, explique être à la recherche de solutions pour rejoindre le public autrement, par exemple grâce à une présence sur YouTube.

Changer les habitudes

Steve McInnis est surtout inquiet concernant la capacité des journaux à atteindre les personnes de moins de 40 ans.

Les gens de 40 ans et plus de ma communauté sont abonnés au journal, ils vont fréquemment avoir notre site internet.

Une citation de Steve McInnis, directeur général des Médias de l’épinette noire

Nous allons devoir aller chercher puis prendre par la main un par un [les plus jeunes] pour les convaincre d’aller plus souvent sur notre site internet, de s’inscrire à l’infolettre, affirme M. McInnis.

Il faudra aller trouver [les lecteurs] ailleurs, c’est sûr que ça va faire un gros trou parce que Facebook, Instagram aussi, dans notre cas ça nous attirait quand même pas mal de lecteurs, renchérit Mélanie Tremblay.

Elle aimerait que les Canadiens développent des habitudes de consommation des nouvelles plus actives, en consultant les différents sites d’informations et en lisant les journaux.

Je pense qu’il faut que les gens se tournent davantage vers leurs journaux locaux parce que ce sont des journaux de confiance, dit Mme Tremblay.

Les réseaux sociaux sont des plateformes de diffusion de toutes sortes d’informations, de sources parfois douteuses, parfois de journalistes improvisés autoproclamés.

Une citation de Mélanie Tremblay, rédactrice en chef de Francopresse

Mais est-ce qu’on peut mettre la responsabilité sur les épaules des Canadiens qui, au cours des 30 dernières années, ont développé de nouvelles habitudes de consommation de l’information?, se demande Mélanie Tremblay.

La rédactrice en chef de Francopresse dit que le gouvernement fédéral a une grande part de responsabilité.

Elle rappelle que le gouvernement conservateur a décidé en 2006 de ne plus acheter de publicités dans les journaux de partout au pays.

Ça a créé déjà une première crise et ils ont fait migrer leur budget de publicité vers les plateformes numériques. Quand les libéraux sont arrivés au pouvoir en 2015, ils ont bonifié ce budget-là.

Une citation de Mélanie Tremblay, rédactrice en chef de Francopresse

Mélanie Tremblay précise que les petits journaux n’ont pas l’achalandage nécessaire pour engranger des revenus avec leur plateforme numérique.

Avec les informations d’Elsie Miclisse

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