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Le Collège de l’île se bat pour rouvrir ses programmes en santé en Français à l’Î.-P.-É. |RADIO-CANADA|

RADIO-CANADA – Gabrielle Drumond, publié le 18 mars 2024

Une entreprise privée spécialisée dans le conseil assure désormais la gestion de deux programmes en santé du Collège de l’île afin de pouvoir les rouvrir à la rentrée universitaire de 2024. Il s’agit d’une bataille importante de la seule institution postsecondaire francophone de l’île.

L’an dernier, les programmes d’infirmier auxiliaire et de préposés aux soins du collège ont été suspendus faute de personnel enseignant. (Photo d’archives)
PHOTO : RADIO-CANADA / FRANÇOIS PIERRE DUFAULT

L’an dernier, les programmes d’infirmier auxiliaire et de préposés aux soins du collège ont été suspendus, faute de personnel enseignant.

Jean-Marc Sinnasse, directeur aux services d’appui au Collège de l’île, explique que l’entreprise de consultation Samelya Solutions assurera la mise en place des programmes en santé du collège. (Photo d’archives)
PHOTO : RADIO-CANADA / GABRIELLE DRUMOND

Directeur aux services d’appui au Collège de l’île, Jean-Marc Sinnasse explique que la décision de passer la gestion des programmes à une firme externe s’imposait.

C’est une solution clé en main. On ne s’occupe de rien, puisqu’on n’a pas cette expertise.

Une citation de Jean-Marc Sinnasse, directeur aux services d’appui

Basée en Colombie-Britannique, l’entreprise Sameya Solutions s’occupe depuis décembre dernier de la mise en place des programmes, notamment la coordination du contenu pédagogique en collaboration avec d’autres collèges ailleurs au pays ainsi que les campagnes publicitaires de recrutement d’enseignants et d’étudiants.

Nous, au collège, nous sommes responsables, à notre tour, de recevoir les candidatures, de les analyser et de les sélectionner. Voilà, cette expertise m’appartient, explique Jean-Marc Sinnasse.

Les programmes en santé du Collège de l’île sont données en partie au campus de Wellington. (Photo d’archives)
PHOTO : RADIO-CANADA / JULIEN LECACHEUR

Les difficultés de recrutement

Propriétaire de cette entreprise de conseil et ex-employé du collège, Manu Nicaise souhaite idéalement recruter six enseignants d’ici la rentrée scolaire, mais les défis sont multiples.

C’est essentiellement une niche professionnelle qu’on doit aller chercher, des gens qui se lancent dans des études infirmières, […] et qui ont une passion de partager leurs savoirs avec les étudiants qui arrivent.

Une citation de Manu Nicaise, propriétaire Samelya Solutions
Manu Nicaise a été coordinateur des programmes en santé du Collège de l’île entre 2021 et 2022. (Photos d’archives) PHOTO : RADIO-CANADA / GABRIELLE DRUMOND

Une campagne publicitaire de recrutement d’enseignants a été lancée par Samelya Solutions et par ses partenaires sur les réseaux sociaux le 10 mars.

L’objectif est de convaincre des professionnels en soins infirmiers francophones des autres provinces à venir s’installer et à travailler à l’île.

On met en avant les avantages de vivre sur l’île […] Donc c’est vraiment ce côté d’appartenance [à une communauté], à une famille, et le sentiment de solidarité et la proximité qui sont mis en avant , précise-t-il.

Le passage vers l’enseignement

Infirmière de formation, Jennifer McPhee a enseigné à temps plein au Collège de l’île entre 2016 et 2017 dans les deux programmes en santé de l’établissement.

Jennifer McPhee, infirmière de formation, est d’avis que la charge de travail des infirmières peut être très lourde si l’on souhaite exercer sa profession tout en enseignant.
PHOTO : GRACIEUSETÉ: JENNIFER MCPHEE

Selon elle, la stabilité de la carrière dans le réseau de santé jouerait un rôle important dans la décision des infirmières de prendre des charges de cours.

Ce n’est pas facile pour une personne de dire « je vais lâcher mon poste permanent avec mon ancienneté ».

Une citation de Jennifer McPhee, infirmière et ancienne enseignante au Collège de l’île

Elle explique que les congés sans solde sont rares dans le milieu de la santé, ce qui pèse dans la balance des professionnels qui souhaitent s’absenter au travail pour pouvoir enseigner.

Jennifer McPhee souligne aussi que la charge de travail peut être très lourde lorsque ces infirmières tentent de concilier ces deux carrières.

Je sais que c’est difficile quand on a des horaires de soir, de jour, de nuit, et organiser tout ça aussi, avec un stage à temps partiel parfois et donner juste quelques cours. Mais, c’est quelque chose qui en vaut vraiment la peine, explique-t-elle en rappelant qu’elle a toujours apprécié l’expérience de transmission de connaissances.

Les étudiants du Collège de l’île participent à un journée d’accueil à Charlottetown le 30 août 2023.
PHOTO : RADIO-CANADA / GABRIELLE DRUMOND

Difficultés de longue date

L’ancien président du Collège de l’île, Donald Desroches se souvient d’être confronté à des problèmes de recrutement semblables.

Il ajoute que le fait que des infirmières soit spécialistes dans certains domaines peut faire en sorte que certaines d’entre elles hésitent à se lancer dans l’enseignement plus généraliste.

Par exemple, une infirmière spécialisée en salles d’urgence, cette enseignante potentielle va peut-être se sentir un peu démunie pour pouvoir enseigner l’ensemble des matières qu’il ou elle avait apprises à l’université il y a 10 ans ou 15 ans.

Une citation de Donald Desroches, ancien président du Collège de l’île
Donald Desroches a été le président du Collège de l’île entre 2011 et 2022.
PHOTO : RADIO-CANADA / GABRIELLE DRUMOND

Le retard dans le recrutement du personnel a déjà obligé le collège à reporter le début du semestre jusqu’à ce que des enseignants soient embauchés, selon Donald Desroches.

Il y a eu une année où on a dû commencer le programme à plus tard au mois de septembre, et avec un programme à temps partiel, puis éventuellement on a pu passer à temps plein au mois d’octobre avec un enseignement de façon intensive, explique-t-il.

Donald Desroches ajoute que le collège devait même prendre le risque d’ouvrir les inscriptions aux programmes, même si le corps professionnel n’était même pas encore défini.

Les inscriptions aux programmes d’infirmier auxiliaire et de préposé aux soins sont déjà ouvertes pour l’année universitaire 2024-2025, en espérant que les programmes pourront revenir cette année, selon Jean Marc Sinnasse.

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