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Le jour du Souvenir acadien : une leçon pour l’avenir à l’Île-du-Prince-Édouard |RADIO-CANADA|

RADIO-CANADA – Laurent Rigaux, publié le 13 décembre 2023

Une soixantaine de personnes ont participé, mercredi, à la 16e cérémonie du jour du Souvenir acadien à l’Île-du-Prince-Édouard. Parmi elles, des élèves de l’école Évangéline, dont certains ont lu des récits de jeunes Acadiens déportés en 1758. L’occasion, pour plusieurs personnes interrogées, de conscientiser les jeunes générations à un avenir plus pacifique.

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Le jour du Souvenir acadien s’est tenu au site historique Skmaqn–Port-la-Joye–Fort Amherst.
PHOTO : RADIO-CANADA / LAURENT RIGAUX

Ce jeune garçon ne méritait pas de mourir. Nous, on a de la chance d’être ici par rapport à d’autres qui ont été déportés à un âge aussi jeune, observe Taïm Hadjadj.

En sixième année à l’école Evangéline, il a lu l’histoire d’un enfant mort pendant la déportation à la commémoration du jour du Souvenir acadien, qui s’est tenue comme chaque année au lieu historique Skmaqn–Port-la-Joye–Fort Amherst.

Taïm Hadjadj, en 6e année à l’école Évangéline, a lu l’histoire d’un jeune garçon mort pendant la déportation de 1758.
PHOTO : RADIO-CANADA / LAURENT RIGAUX

Plusieurs des personnes interrogées ont insisté sur le fait qu’il est important que les jeunes gardent ces histoires en mémoire afin de lutter contre toutes les formes de haine.

Les atrocités que les Acadiens ont vécues, ça continue encore dans le monde. Des gens sont expulsés de leur territoire. C’est ce que les Acadiens ont vécu en temps de guerre, souligne l’historien Georges Arsenault, qui a joué le rôle de maître de cérémonie.

C’est bon de faire le parallèle pour montrer que ce qu’on a vécu, d’autres le vivent malheureusement encore aujourd’hui.

Une citation de Georges Arsenault, historien
Georges Arsenault est historien et président du Comité historique Soeur-Antoinette-DesRoches. Il a animé la cérémonie du jour du Souvenir acadien.
PHOTO : RADIO-CANADA / LAURENT RIGAUX

La lieutenante-gouverneure Antoinette Perry espère, quant à elle, que ces récits pousseront les jeunes à s’engager.

Ils doivent réfléchir aux petits gestes qu’ils peuvent faire dans leur entourage pour empêcher les atrocités, les injustices, affirme-t-elle.

La lieutenante-gouverneure Antoinette Perry était présente à la cérémonie du jour du Souvenir acadien, le 13 décembre 2023.
PHOTO : RADIO-CANADA / LAURENT RIGAUX

L’ancienne enseignante estime que les textes lus, malgré leur dureté, marquent les esprits.

Il faut le dire, il faut le faire ! s’exclame-t-elle. Pour qu’ils entendent ça et réfléchissent; comme ça, y a de meilleures chances qu’ils soient engagés dans la communauté, poursuit Antoinette Perry.

La déportation des Acadiens n’est pas facile à comprendre pour les plus jeunes, selon Paulette LeBlanc, leader en sciences sociales au ministère de l’Éducation. Mais cette leçon sur les horreurs du passé est essentielle pour qu’ils comprennent que c’est important d’être inclusif avec tout le monde, croit la responsable.

Paulette LeBlanc est leader en sciences sociales au ministère de l’Éducation de l’Île-du-Prince-Édouard. Elle estime qu’il est important que les jeunes entendent les histoires de la déportation des Acadiens afin de les pousser à vouloir une société plus inclusive.
PHOTO : RADIO-CANADA / LAURENT RIGAUX

Durant la cérémonie, plusieurs pièces musicales ont été jouées, dont Tout passe, que les Acadiens de Grand-Pré auraient chanté en marchant vers les navires anglais qui devaient les emmener loin de leurs terres.

La foule s’est ensuite dirigée en silence vers le monument de la Déportation, qui surplombe la baie de Charlottetown, avant d’entonner l’Ave Maris Stella.

Plus tard dans la journée, des élèves en immersion de l’école Colonel Gray sont venus eux aussi se souvenir de la déportation, un signe que cette cérémonie est importante au-delà de la sphère acadienne.

Une soixantaine de personnes ont participé au jour du Souvenir acadien, le jeudi 13 décembre 2023, au site historique Skmaqn–Port-la-Joye–Fort Amherst.
PHOTO : RADIO-CANADA / LAURENT RIGAUX

Le jour du Souvenir acadien s’est tenu pour la première fois en 2004, en souvenir de celles et ceux qui ont péri lors de la déportation de 1758. En décembre cette année-là, le Violet, le Ruby et le Duke William sombraient dans les eaux de l’Atlantique, devenant le tombeau de 850 Acadiens.

Le choix du 13 décembre marque le naufrage du Duke William, qui enregistre à lui seul un total de 362 victimes, pour la plupart des enfants.

Cet événement est considéré comme la pire tragédie humaine de l’Île-du-Prince-Édouard.

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