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Un chercheur franco-minnesotain part à la rencontre des dialectes francophones canadiens |RADIO-CANADA|

RADIO-CANADA – Raphaëlle Laverdière, publié le 1er mars 2024

Un chercheur et auxiliaire d’enseignement du Minnesota a lancé un appel aux communautés francophones canadiennes sur Reddit, afin de répertorier les dialectes et accents régionaux.

William McMillan a étudié la traduction pendant deux ans à l’Université de Saint-Boniface. Il se passionne pour les langues et les dialectes régionaux.
PHOTO : WILLIAM MCMILLAN

Après un séjour en France et deux ans d’études à l’Université de Saint-Boniface, à Winnipeg, William McMillan a contribué à développer un cours sur l’évolution de la langue française qui est destiné aux étudiants de l’Université du Minnesota Duluth.

Les leçons explorent en particulier les évolutions de la langue au temps de l’époque coloniale.

C’était là où on a vu beaucoup sur l’évolution de la langue française, spécialement dans les régions comme le Canada où on a vu des vagues multiples d’immigration des pays francophones, explique-t-il.

Je trouve que la francophonie au Canada, c’est l’une des communautés linguistiques du monde les plus intéressantes. C’est rare de voir une langue qui peut survivre si longtemps dans des lieux hyper isolés ou séparés les uns des autres […] dans un pays majoritairement anglophone, ajoute William McMillan.

Une diversité canadienne mal connue aux États-Unis

Toutefois, la diversité de la francophonie canadienne demeure, d’après lui mal, connue de la communauté étudiante minnesotaine.

Les étudiants ne savent pas trop qu’il existe du français hors du Québec, affirme William McMillan. À un moment donné, je me suis dit qu’en fait, la façon pour montrer la diversité, c’est montrer aux étudiants des entrevues avec des Franco-Canadiens différents.

Puisqu’il connaissait peu de francophones hors du Québec et du Manitoba, William MacMillan s’est tourné vers la plateforme Reddit pour dénicher des locuteurs.

La semaine dernière, il a lancé un appel aux francophones à travers les pages des différentes provinces canadiennes en leur demandant de répondre à un court sondage (Nouvelle fenêtre) pour décrire les particularités de leur dialecte et de la culture de leur région.

Je pense qu’il y a des points de vue du monde et des interprétations de la culture et de l’humanité qui se trouvent dans ces langues.

Une citation de William McMillan, chercheur et auxiliaire d’enseignement à l’Université du Minnesota Duluth

En quelques jours, le chercheur a reçu une centaine de réponses. Parmi les répondants, une quarantaine de personnes ont accepté de lui accorder une entrevue.

Je n’avais pas prévu qu’autant de personnes répondraient. Je pense que dans la première journée, il y a plus de soixante personnes qui ont répondu de tout partout au Canada. C’est énorme! C’était incroyable, se réjouit-il.

À partir des réponses recueillies et des entrevues, William McMillan souhaite créer une carte interactive où les étudiants pourront écouter les locuteurs en cliquant sur divers points géographiques.

La base de données sera également intégrée à une application éducative développée par un de ses collègues, où seul le dialecte parisien est accessible à l’heure actuelle.

Quand j’étais à l’Université de Saint-Boniface, la moitié de mes ressources et de mes livres venaient du Québec ou bien de la France, raconte William McMillan. Avec ces nouvelles données, il souhaite préserver les dialectes régionaux tout en créant des ressources locales et diversifiées.

Une langue de petites nuances et de grandes différences

C’est tellement intéressant d’avoir l’occasion de parler avec des gens de différentes parties du Canada et voir les petites nuances et les grandes différences, raconte William McMillan.

À partir des réponses qu’il a reçues jusqu’ici, le chercheur peut déjà identifier certaines tendances et des particularités régionales.

Au Québec, les régions de l’Estrie et la Ville de Québec, bien que peu éloignées géographiquement, se distinguent au plan langagier, affirme William McMillan. Et on ne voit pas trop ça avec l’anglais.

Les accents de la Beauce et du Saguenay-Lac-Saint-Jean possèdent également des caractéristiques marquées, croit-il.

Toutefois, la province qui l’intéresse le plus est le Manitoba. Grâce à ces différentes vagues d’immigration, chaque village a développé son propre dialecte et accent, explique-t-il.

Les accents de Notre-Dame-de-Lourdes et de Saint-Laurent sont notamment identifiés par les participants comme étant les plus typés de la province.

Des gens m’ont dit : je peux dire d’où vient une personne simplement en l’entendant dire maman ou papa.

Une citation de William McMillan, chercheur et auxiliaire d’enseignement à l’Université du Minnesota Duluth

Parmi les participants manitobains, des habitants de Winnipeg, Notre-Dame-de-Lourdes, Lorette et Sainte-Anne ont participé au sondage.

William McMillan espère continuer à recevoir des réponses, en particulier provenant de la Saskatchewan, de Terre-Neuve et des communautés de langue michif.

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