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Un groupe formé de parlementaires acadiens prend forme à Ottawa |RADIO-CANADA|

RADIO-CANADA – Publié le 21 avril 2024

Des députés et des sénateurs veulent bâtir ce front commun au-delà des barrières partisanes.

Un drapeau de l’Acadie flotte le 16 juillet 2020 à Saint-Louis-de-Kent, au Nouveau-Brunswick. (Photo d’archives)
PHOTO : RADIO-CANADA / GUY LEBLANC

Des députés fédéraux et des sénateurs à Ottawa travaillent activement depuis quelques mois à fonder un nouveau groupe de parlementaires acadiens.

Il rassemblerait des parlementaires de tous les partis. L’objectif consisterait à faire avancer les priorités des Acadiens dans la capitale nationale.

Le sénateur indépendant du Nouveau-Brunswick René Cormier souhaite qu’une voix plus forte s’élève à Ottawa pour les Acadiens.

En entrevue, il a évoqué la récente polémique qui a entouré le spectacle de la Fête nationale de l’Acadie cette année. À son avis, c’est un bon aperçu de la force d’une réaction concertée des Acadiens.

L’Acadien René Cormier est sénateur indépendant du Nouveau-Brunswick. (Photo d’archives)
PHOTO : RADIO-CANADA / CHRISTIAN CÔTÉ

Radio-Canada avait d’abord annoncé que la célébration du 15 août à Yarmouth, en Nouvelle-Écosse, en plein Congrès mondial acadien, ne serait pas diffusée sur ICI Télé.

On a un exemple très, très concret, déclare le sénateur Cormier. Ce sujet-là a été le premier sujet dont on a discuté à l’intérieur de notre espace informel de parlementaires acadiens.

Huit députés fédéraux des Maritimes ont écrit mercredi dernier à la présidente-directrice générale de CBC/Radio-Canada, Catherine Tait, pour lui demander que le spectacle de la Fête de l’Acadie soit diffusé par la société d’État. Quelques jours après son annonce initiale, Radio-Canada a annulé sa décision et a annoncé qu’elle télédiffusera finalement ce spectacle le 15 août.

On a discuté de cet enjeu et je crois que ça a porté fruit, affirme René Cormier. C’est un des exemples dans l’espace public. Il y a des tonnes d’autres actions possibles.

Le projet de caucus acadien est encore une ébauche, mais déjà, des lignes directrices émergent. Le sénateur Cormier soutient qu’un front commun acadien multipartisan n’est pas superflu dans un contexte où la langue française est fragile au Canada.

René Arseneault, député libéral de Madawaska-Restigouche, en entrevue il y a quelques jours.
PHOTO : RADIO-CANADA / BENOIT ROUSSEL

Il faut qu’à Ottawa, comme peuple, on commence à l’entendre de plus en plus de façon concertée et peu importe de quelle formation politique on vient, maintient René Arseneault, député libéral de Madawaska-Restigouche, au Nouveau-Brunswick.

Il y aura une représentativité acadienne au Parlement du Canada, tous partis politiques confondus, et c’est imminent. Il y a encore un peu de travail à faire pour définir tout ça, mais ça s’en vient, insiste l’Acadien, qui a récemment mené une démarche pour que le serment d’allégeance au souverain d’Angleterre ne soit plus obligatoire à la Chambre des communes.

Son projet de loi a suscité des votes d’élus de tous les partis mais a été défait par 197 voix contre 113.

On a une dizaine de personnes de descendance acadienne au Parlement et je pense que notre voix est beaucoup mieux ensemble, déclare Chris d’Entremont, le député conservateur de Nova-Ouest, en Nouvelle-Écosse, un de ceux qui ont voté pour faire avancer le projet de loi sur un serment facultatif au roi.

Chris d’Entremont (au centre), député conservateur de Nova-Ouest, après avoir pris la parole aux Communes, le 3 novembre 2023.
PHOTO : LA PRESSE CANADIENNE / SEAN KILPATRICK

Un autre député de Nouvelle-Écosse, le libéral Darrell Samson, dit que trois rencontres ont eu lieu jusqu’à présent.

On est en train de formaliser un comité, une association qui va regrouper les Acadiens et les Acadiennes au Sénat et à la Chambre des communes, et on est en train de regarder à toutes les questions de membership, du mandat, souligne le député de Sackville-Preston-Chezzetcook.

Darrell Samson a été un des députés à insister pour la diffusion du spectacle de la Fête nationale de l’Acadie. Il croit que ça démontre qu’un front commun de députés bien organisés peut faire bouger les choses.

On doit être à la hauteur et se tenir prêt à faire nos arguments rapidement, dit Darrell Samson.

Darrell Samson dans sa circonscription de Sackville-Preston-Chezzetcook, en Nouvelle-Écosse, le 20 septembre 2021. PHOTO : RADIO-CANADA / ADRIEN BLANC

Ce groupe permettrait d’être plus stratégique, permettrait peut-être d’avoir une vision à plus moyen terme, [à] long terme, sur l’enjeu de renforcement du pouvoir d’influence du peuple acadien à Ottawa, avance le sénateur René Cormier.

On a besoin, je pense, de réaffirmer la contribution du peuple acadien à l’édification du Canada, déclare-t-il. Aujourd’hui, plus que jamais, on a besoin de cet espace de dialogue et de solidarité.

Les parlementaires espèrent que le tout devrait aboutir cet été au Congrès mondial acadien (CMA), dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse. Ils espèrent donner plus de détails lors des états généraux de la Société nationale de l’Acadie (SNA).

D’après le reportage de Nicolas Steinbach

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