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Winnipeg pourrait bientôt avoir sa première école privée francophone |RADIO-CANADA|

RADIO-CANADA – Thibault Jourdan, publié le 13 juin 2024

Un couple français installé à Winnipeg veut créer un lycée français international dans la capitale manitobaine. Kamel Fekiri et Chérifa Bachiri visent une ouverture dès l’an prochain.

Chérifa Bachir et Kamel Fakiri sont à l’origine du projet de lycée français à Winnipeg. Il s’agirait de la première école de ce genre entre Toronto et Calgary.
PHOTO : RADIO-CANADA / GAVIN BOUTROY

Une telle initiative avait été évoquée à plusieurs reprises par l’ambassadeur de France et le consul de France à Toronto lors de leurs passages au Manitoba. En octobre dernier, le consul, Bertrand Pous, avait même manifesté l’espoir de voir une école de ce genre ouvrir d’ici quatre ans (Nouvelle fenêtre) à Winnipeg.

À l’heure actuelle, huit lycées français existent au Canada. Un neuvième doit ouvrir en septembre à Halifax, mais il n’y en a aucun entre Toronto et Calgary, ce qui nous fait quand même un espace de 3500 km vides d’écoles françaises, indique Kamel Fekiri, qui parle au nom du couple. Lui et sa femme, Chérifa Bachiri, doivent être les futurs copropriétaires et codirecteurs de l’école.

Qu’est-ce qu’un lycée français?

Un lycée français est le nom donné aux écoles privées internationales qui offrent le programme de l’Éducation nationale française et qui font partie du réseau de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE).

L’AEFE est un réseau international qui compte 580 établissements dans 139 pays et qui scolarise 391 000 élèves, dont un tiers de Français. Les huit lycées français qui existent au Canada sont à Ottawa, à Québec, à Montréal, à Toronto, à Calgary et à Vancouver.

20 élèves par classe au maximum

Le couple veut accueillir des élèves dès la maternelle. On aimerait que l’école commence dès l’âge de 3 ans et qu’elle aille jusqu’à la sixième année, précise Kamel Fekiri, qui a déjà été directeur d’école en France.

On vise un maximum de 20 élèves par classe, et ajouter progressivement des niveaux pour arriver à moyen terme, on espère, à l’ouverture du secondaire jusqu’à la douzième année, poursuit-il.

Par ailleurs, s’il est prévu que le lycée offre dans un premier temps le programme de l’Éducation nationale française, Kamel Fekiri et Chérifa Bachiri souhaitent pouvoir ensuite ouvrir le programme canadien, une fois que l’école est bien lancée.

Le but, c’est de permettre aux élèves de rebondir et de faire en sorte qu’ils puissent aussi rentrer dans les autres écoles de Winnipeg au cours de leur scolarité, s’ils le souhaitent.

Ils ne seront pas perdus; ils auront déjà acquis cette expérience de la langue et surtout culturelle.

Kamel Fekiri

De 10 000 à 13 000 $ par an, et pas de concurrence avec la DSFM

L’emplacement exact de la future école est, pour l’heure, inconnu, car les deux entrepreneurs ne disposent pas encore de locaux. Néanmoins, l’école sera quelque part entre la rue Osborne, le chemin Pembina et le boulevard Kenaston, assure Kamel Fekiri.

L’inscription, elle, coûtera 10 000 $ par an pour les élèves en maternelle et 13 000 $ pour les élèves du primaire.

Kamel Fekiri et Chérifa Bachiri insistent sur le fait que leur projet est ouvert à tout public.

On ne se positionne pas comme des concurrents face à la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM), qui est le leader ici, précise Kamel Fekiri. Eux-mêmes sont d’ailleurs employés par la division scolaire francophone, et leurs cinq enfants y sont inscrits.

En réalité, leur cible est tout autre : il s’agit de l’immersion. Pour que les enfants puissent intégrer la DSFM, il faut qu’ils aient un parent ayant droit. Nous, on va offrir cette chance à tous les parents de la ville, et on ne fera pas de distinction entre francophones de naissance ou francophones de droit et anglophones.

C’est d’ailleurs ce public qui fréquente les autres lycées français au Canada à l’extérieur du Québec, selon ce que constate Charlotte Montel, conseillère de coopération et d’action culturelle à l’ambassade de France à Ottawa. Ce sont des parents francophiles qui veulent que leurs enfants améliorent leur français, mais qui ne sont pas ayants droit, dit-elle.

Une aide administrative de la France

Les lycées français sont, avant tout, des initiatives privées. Par conséquent, la France n’est pas impliquée financièrement à ce stade-ci du projet : Il n’y a pas de mise de fonds de l’État français et on n’est pas partie prenante du risque financier initial, explique Charlotte Montel.

La France apporte cependant une aide administrative. Elle mène ainsi un dialogue politique avec les autorités locales, provinciales ou municipales et les conseils scolaires pour expliquer et faire comprendre le projet, afin de voir comment on peut créer une synergie pour éviter la concurrence, indique la conseillère de coopération et d’action culturelle.

Elle ajoute que cette école, privée, n’est pas sur le même créneau pédagogique que les autres écoles francophones, qui sont publiques.

Ouverture prévue à la rentrée 2025

Et pour ceux qui s’inquiéteraient du fait que cette nouvelle école accentue la pénurie de professeurs francophones – une denrée rare dans l’ensemble du pays –, Kamel Fekiri et Chérifa Bachiri assurent que cela ne sera pas le cas, car son personnel viendra directement d’Europe.

On a un vivier hyper important en France d’enseignants qui nous suivent dans notre projet et qui n’attendent que le feu vert pour pouvoir demander une autorisation de pouvoir enseigner à l’étranger.

Kamel Fekiri

Une fois que l’école ouvre, on la soutient en envoyant des professeurs de France qui sont détachés et autorisés à travailler au Canada. Il s’agit donc de fonctionnaires français qui sont autorisés par l’État français à venir travailler dans cette école, et c’est l’ambassade qui organise tout ça, ajoute pour sa part Charlotte Montel.

Kamel Fekiri et Chérifa Bachiri aimeraient avoir de 70 à 80 élèves dès l’ouverture de l’école. Si tout se passe bien, les inscriptions seront possibles dès janvier prochain, et l’école ouvrira pour la rentrée de septembre 2025.

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