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RADIO-CANADA – Mohamed-Amin Kehel, publié le 8 février 2024

Le Manitoba dispose d’une scène musicale particulièrement florissante dans laquelle, ces dernières années, le rap francophone s’est affirmé comme un des genres musicaux à part entière. Représenté par des artistes comme Alpha Toshineza, Trésor Namwira ou encore French RK, il est venu apporter de nouvelles sonorités à la musique manitobaine.

Le rappeur Franck Koffi, connu sous le nom de scène de French RK, écrit, compose et enregistre ses musiques dans son studio maison.
PHOTO : RADIO-CANADA / MOHAMED-AMIN KEHEL


Pardon de mon retard, j’étais au travail. Quel froid!

C’est dans un studio d‘enregistrement du centre-ville de Winnipeg qu’Alain Toshineza, alias Alpha Toshineza, nous a donné rendez-vous.

Grande silhouette, casquette vissée sur la tête et signée Triple A, son plus récent album, le rappeur franco-manitobain nous invite dans son antre de création.

Le studio m’avait vraiment manqué, souligne-t-il en se rappelant la période de la pandémie. Ici, je me sens comme dans mon espace naturel.

Pour Alpha, la musique, c’est une histoire de famille. Entre les grands classiques et la musique congolaise qui passaient chez lui, au Luxembourg, où il a grandi, aux premières écoutes de hip-hop pour en arriver à ses premiers freestyles devant ses amis, il a navigué au gré des découvertes musicales.

Encore aujourd’hui, j’écoute du jazz, du blues, ça m’inspire pour ma musique, s’exclame-t-il.

Le rap, un moyen de mettre des mots sur des maux

Pour Trésor Namwira, le rap a rapidement été une échappatoire, un moyen de mettre des mots sur ses maux, lui, l’enfant soldat qui a fui la guerre en République démocratique du Congo.

J’ai vécu des moments durs et sombres dans ma vie, souligne celui qui a choisi comme nom d’artiste Ezoman. La seule façon d’exprimer ça authentiquement, c’était le rap.

Cette réalité et cette histoire, Ezoman les couche sur le papier, mais en témoigne aussi sur scène.

À son passage au Festival international de la chanson de Granby en 2023, il s’est lancé dans un interlude avant de chanter son titre Sans pitié : Chez nous, c’est la vraie guerre, là où on t’apprend à l’âge de 5 ans comment tuer, comment violer, comment devenir un animal, là où le monde est sans pitié.

Trésor Namwira a choisi le nom de scène d’Ezoman en référence à l’ésotérisme, un concept qui désigne un ensemble d’enseignements secrets réservés à des initiés.
PHOTO : RADIO-CANADA / MOHAMED-AMIN KEHEL

Pendant ce temps, Franck Koffi, French RK de son nom de scène, se rappelle lui très bien son grand frère qui mettait beaucoup de rap US, du R’n’B.

Très vite, dans sa Côte d’Ivoire natale, il adopte les codes du hip-hop, le style vestimentaire et la gestuelle.

C’était tout un univers que je découvrais, se souvient-il.

Je m’habillais comme les rappeurs : les baggies et tout, et à la maison, mon père n’aimait pas du tout, mais moi, je voulais avoir ce côté américain.

Une citation de Frenck RK

Un brassage de mélodies

Au fur et à mesure de son évolution artistique, French RK s’est toutefois éloigné petit à petit de cet idéal du rappeur américain. Aujourd’hui, si tu es Africain, c’est un avantage, dit-il. Il compte jouer cette carte dans ses projets musicaux.

Par exemple, il n’hésite pas à introduire des sonorités de coupé-décalé, un genre musical ivoirien, dans ses compositions. Cela implique également des passages où le jeune rappeur va interpréter des couplets en nouchi, un argot né en Côte d’Ivoire mêlant français et plusieurs dialectes africains.

Aujourd’hui, les yeux du rap sont tournés vers l’Afrique, on veut connaître ce que les artistes de là-bas ont à proposer.

Une citation de French RK

Il est temps que le monde puisse donner la chance à d’autres cultures , estime de son côté Trésor Namwira.

Nous, en tant que Noirs, ajoute-t-il, on a eu tendance a écouter beaucoup plus la musique américaine ou européenne. Mais on n’a jamais eu la chance d’écouter notre propre musique et de l’amener à un niveau plus élevé.

Il cite en exemple l’afrobeat, un style de musique urbaine né en Afrique et qui a conquis les studios rap du monde entier.

Dans son évolution au fil du temps, la musique hip-hop s’est, en effet, de plus en plus ouverte aux sonorités du monde et, en particulier, africaines.

Le rap au Manitoba, une histoire de pionniers

Le rap francophone est arrivé avec l’immigration et ces nouveaux visages canadiens , ajoute Alpha Toshineza.

Dans le passé, le chanteur et artiste multidisciplinaire manitobain Daniel Roy insérait dans ses projets des chansons comme Le nombril du monde ou encore Popsicle, dans lesquelles les couplets sont déclamés dans un style rap. Toutefois, Trésor Namwira et Alain Toshineza font partie des premiers artistes à s’être déclarés comme rappeurs à part entière.

Un rôle de pionniers que les deux musiciens reconnaissent, mais qui comporte son lot de défis.

C’est difficile d’être un pionnier, confirme Alpha. Mais, en même temps, c’est une passion pour moi. C’est vrai que ça comporte peut-être un défi de faire rentrer cette musique dans les mœurs, mais, aujourd’hui, on a les plateformes pour.

Moi, je considère que je fais du rap représentatif du Manitoba. C’est un travail de pionnier, mais j’ai bon espoir qu’il y en aura beaucoup plus dans l’avenir.

Une citation de Alpha Toshineza
Dans sa musique, Alpha Toshineza tient à revendiquer le Manitoba, sa terre d’adoption.
PHOTO : RADIO-CANADA / MOHAMED-AMIN KEHEL

Ezoman témoigne pour sa part d’une expérience différente. Si des occasions se sont présentées au début de son parcours manitobain, il a ensuite eu l’impression de ne pas avoir été compris par la communauté francophone du Manitoba.

Les occasions se sont raréfiées, et le public francophone s’est dilué au profit d’un public anglophone qui se présentait de plus en plus à ses prestations.

Durant une certaine période, en pleine introspection, Ezoman s’est même demandé : Pourquoi continuer à me battre pour une musique qui ne semble pas percer dans les oreilles des gens?

À un point, je me suis senti comme pas respecté. Pendant que je travaille fort pour le maintien de cette langue et de cette culture, j’ai toqué à plusieurs portes et elles ne se sont pas ouvertes.

Une citation de Ezoman

L’artiste a alors décidé d’adopter l’anglais dans ses plus récents projets, comme son dernier album, Duality.

Il reconnaît que l’engouement pour sa musique est plus présent aujourd’hui qu’auparavant, et dit préparer un retour sur la scène francophone, en espérant que, cette fois-ci, son projet sera bien reçu.

De la rancune, il assure n’en garder aucune. Qui suis-je pour juger? Les choses prennent du temps parfois, conclut-il, philosophe.

Rapper et revendiquer Winnipeg

Dans la culture rap et hip-hop, revendiquer sa ville, son quartier, fait presque partie intégrante du style musical. Et Winnipeg n’y déroge pas.

De Wpg Trnst, d’Alpha Toshineza, à Peg City, d’Ezoman, les deux artistes tiennent à représenter la capitale manitobaine dans leurs écrits. Je vis ici, c’est maintenant chez moi ici, affirme Trésor Namwira. Cette chanson, c’est ma manière d’exprimer que j’aime cette ville, que je suis fier d’être à Winnipeg.

Moi, je voulais créer un buzz, un buzz de jeune qui sont fiers d’être francophones et de faire de la musique en français.

Une citation de Ezoman

Même son de cloche du côté d’Alpha Toshineza, auteur de plusieurs titres dans lesquels il revendique Winnipeg et les Prairies au sens large. Selon lui, les rappeurs ont cette fierté de vouloir être représentés sur une carte.

Dans son titre Wpg trsnt, véritable balade musicale à Winnipeg, il déclame même un passage provocateur : Salut, Montréal ici ça parle français, on respecte votre franglais!

À l’évocation de cette phase, le rappeur n’a pu s’empêcher de rire, soulignant même que cette revendication de Winnipeg plaît dans ses concerts à l’extérieur du Manitoba.

Quand je vais à Montréal, Wpg trsnt fait toujours partie des favoris. Les gens se disent : « C’est quelqu’un qui représente Winnipeg. »

Une citation de Alpha Toshineza

Dans un autre style, Franck Koffi tient lui aussi à s’inscrire dans cette lignée de rappeurs francophones du Manitoba.

J’ai essayé à mes débuts de rapper en anglais, raconte-t-il. Mais ça ne faisait pas vraiment partie de moi.

J’ai vécu une certaine période en Afrique, mais j’ai appris à devenir un homme ici et c’est pour ça que je veux parler du Manitoba dans ma musique.

Une citation de French RK

Aujourd’hui, l’homme de 32 ans espère être présenté un jour comme un rappeur franco-manitobain qui a conquis le monde.

En fin de compte, les trois rappeurs ont aussi le rêve d’inspirer la jeunesse francophone manitobaine.

Ezoman veut montrer à ces jeunes Franco-Manitobains d’ici qu’ils peuvent être fiers de leur culture , tandis qu’Alpha Toshineza voit un engouement envers son art à travers différents ateliers qu’ils donnent dans des écoles.

Songeur, le Luxembourgeois conclut : Il n’y a pas qu’une seule francophonie, il y a les francophonies, et c’est ça que le rap peut apprendre aux jeunes, de rapper avec leur accent à eux, leurs réalités.

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ONFR+ – Pascal Vachon, publié le 7 février 2024

OTTAWA – Le gouvernement fédéral accepte un amendement à son projet de loi sur les garderies qui vise à assurer le financement à long terme des garderies francophones hors du Québec. Le Bloc Québécois a signalé qu’il allait appuyer la modification ce qui devrait donner la majorité nécessaire au projet de loi.

La ministre de la Famille Jenna Sudds lors d’une annonce dans une garderie. Crédit image: Adam Scotti (Cabinet du premier ministre)

Le Sénat a modifié avant les fêtes le projet de loi C-35 qui vient entériner dans la loi les ententes signées entre les provinces et le fédéral concernant les garderies à 10 $ par jour. Avec l’appui de ses collègues, le sénateur René Cormier avait fait adopter un amendement qui venait ajouter une mention des minorités linguistiques à l’article 8 du projet de loi, qui porte sur l’engagement financier à long terme du fédéral concernant les services de garde.

« Nous sommes très heureux aujourd’hui, de pouvoir annoncer que nous avons accepté l’amendement proposé par le Sénat », a fait savoir la ministre de la Famille, Jenna Sudds, aux journalistes mercredi matin, reconnaissant le travail des « nombreuses parties prenantes, les groupes de pression, mes collègues et les sénateurs » dans ce dossier.

La nouvelle a été saluée par les organisations francophones du pays qui poussait depuis plusieurs jours pour un tel geste.

« Qu’on ait inclus les communautés de langues officielles en situation minoritaire, ça nous rassure beaucoup, partage le directeur général de la Commission nationale des parents francophones (CNPF) Jean-Luc Racine. Pour les prochaines années, d’ici 2026, on devrait avoir le renouvellement des ententes fédérales-provinciales, on s’assure de cette façon-là, que ça sera inclus dans le projet de loi. »

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RADIO-CANADA – Publié le 6 février 2024

Quelques artistes de l’Atlantique, dont des Acadiens, font partie des nominations aux 53e prix Juno annoncées mardi.

Les membres de Salebarbes ont déjà été récompensés pour leur album À boire deboutte lors du gala de l’ADISQ.
PHOTO : BERTRAND EXERTIER

La soprano Suzie LeBlanc est en lice pour l’album classique de l’année avec Mouvance.

Projet duo avec le compositeur Jérôme BlaisMouvance explore les thématiques de l’exil et du déracinement.

L’album réunit des textes de dix écrivains acadiens, soit Sarah Marylou Brideau, Herménégilde Chiasson, France Daigle, Léonard Forest, Céleste Godin, Georgette LeBlanc, Gabriel Robichaud, Serge Patrice Thibodeau, Roméo Savoie et Gérald Leblanc.

Mouvance est un projet à multifacette : à la base de tout, un spectacle créé en 2019 par Suzie LeBlanc et et Jérôme Blais basé sur le poème du même nom de l’artiste Gérald Leblanc. (Photo d’archives)
PHOTO : CENTREDISCS

Le groupe acadien Salebarbes décroche aussi une nomination pour l’album francophone de l’année avec À boire deboutte.

Ce troisième album des artistes Jean-François Breau, Jonathan Painchaud, Kevin McIntyre, George Belliveau et Éloi Painchaud est leur premier entièrement original.

Ce sont toutes des chansons qu’on a écrites nous autres même, comparativement aux deux premiers qui étaient majoritairement des reprises d’arrangements de vieilles chansons cajuns, avait expliqué le violoniste George Belliveau lors de la sortie de À boire deboutte, l’été dernier.

La pochette de l’album À boire deboutte de Salebarbes. Le groupe acadien a aussi récemment remporté le prix de la chanson de l’année pour Gin à l’eau salée au 45e Gala de l’ADISQ. (Photo d’archives)
PHOTO : GRACIEUSETÉ : SALEBARBES

Jeremy Dutcher, auteur-compositeur-interprète de la communauté autochtone de Tobique, est nommé dans la catégorie de l’album adulte alternatif de l’année pour son deuxième album, Motewolonuwok.

Il avait gagné en 2018 le prix Juno de l’album de musique autochtone de l’année, pour son premier album Wolastoqiyik Lintuwakonawa.

Dans Motewolonuwok, il est question de souveraineté territoriale, d’amour et de gratitude, mais aussi d’humilité et d’entraide.

Le ténor bispirituel Jeremy Dutcher, en performance à Ottawa, en novembre 2023. En wolastoqey, Motewolonuwok signifie « Tout ce qui peut être entendu, mais pas vu ». (Photo d’archives) PHOTO : FACEBOOK : JEREMY DUTCHER

Par ailleurs, les artistes de la Nouvelle-Écosse, Jah’Mila, Morgan Toney et Rich Aucoin sont aussi nommés, ainsi que le groupe de musique terre-neuvienne The Swinging Belles et le Néo-Brunswickois Matt Andersen.

La cérémonie des prix Juno est la plus importante remise de prix au Canada et la plus prestigieuse récompense de l’industrie musicale canadienne.

Elle aura lieu cette année le 24 mars au Scotiabank Centre, à Halifax, et sera animée par la chanteuse Nelly Furtado.

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ONFR+ – Lila-Mouch Essers, publié le 6 février 2024

CORNWALL – Début janvier, le gouvernement fédéral a dévoilé son intention d’intégrer 10 nouvelles municipalités au programme des communautés francophones accueillantes. Bien que la sélection ne soit pas encore finalisée, Cornwall se profile comme une candidate idéale, notamment grâce à l’ACFO de Sturmont-Dundas et Glengarry, son conseiller municipal francophone, ainsi que divers organismes et partenaires y offrant une gamme de services en français.

Cornwall pourrait-elle faire partie des futures municipalités du programme des communautés francophones accueillantes? Sur la photo : L’équipe de l’ACFO-SDG, le maire de Cornwall Justin Towndale et la sénatrice Bernadette Clément. Gracieuseté

Près de la moitié de la population de Cornwall est bilingue et compte près de 10 000 personnes ayant le français comme langue maternelle, selon le dernier recensement de Statistique Canada. Ces dernières années, cette communauté a fait preuve d’initiatives pour réaffirmer son hospitalité envers les immigrants francophones. C’est d’ailleurs ce que Sonia Behilil, directrice des opérations de l’ACFO-SDG, décrit quand elle détaille les projets phares de son organisme.

« La réalité, c’est que depuis que le projet des communautés accueillantes existe, c’est déjà une réalité pour Cornwall », affirme-t-elle.

Pour l’instant, l’ACFO-SDG attend qu’un appel d’offres soit promulgué par le gouvernement afin de postuler au programme selon des critères prochainement déterminés. Mais pour l’heure, il semble que l’organisme ne soit pas du genre à se reposer sur ses lauriers.

« Cornwall veut être impliquée et veut démontrer sa caractéristique accueillante du côté francophone, mais pas seulement, puisque que même les acteurs hors parcours francophones sont impliqués dans ce contexte d’accueil. »

Faire partie officiellement du programme des communautés accueillantes sera définitivement un tremplin, croit-elle. D’après la jeune femme, depuis 2017, l’organisme travaille dans ce sens.

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FRANCITÉ – Mehdi Jaouhari, publié le 6 février 2024

À travers une étude sur la variation linguistique à travers le Canada, la chercheure Marie-Ève Bouchard de l’Université de la Colombie-Britannique veut créer un atlas regroupant les variétés de Français parlées au pays.

Pexels.com

Le français québécois reste la variété la plus connue et la plus emblématique du Français parlée au Canada. D’autres variétés aussi originales les unes que les autres existent dans les quatre coins du pays comme en Acadie ou au Nord. Cela sans oublier les variétés de Français parlées par les nouveaux arrivants venus d’Afrique, d’Europe ou d’Haïti.

Toutefois, aucune ressource ne regroupe toutes ces variétés qui reflètent la richesse et la diversité du Français parlée au Canada. C’est d’ailleurs de là qu’est venue l’idée à la chercheure Franco-Colombienne Marie-Ève Bouchard de créer un atlas sonore des variétés de Français du Canada.

Diplômée de l’Université de Laval et de l’Université de New York, Marie-Ève Bouchard est professeur assistant de Français à l’Université de la Colombie-Britannique à Vancouver – Gracieuseté

Des participants recherchés partout au Canada

Ce projet de recherche vise, selon elle, à valoriser les différents accents de la francophonie canadienne et à les situer géographiquement.

Pour ce faire, celle qui est également professeur assistant de Français dans un département de langues de l’Université de la Colombie-Britannique organise une collecte de données auprès de francophones de partout au pays.

Il s’agit pour les participants d’envoyer un enregistrement vocal, en suivant des instructions de la chercheure.

Plus de détails sur la participation se trouvent dans une page web dédié au projet.

ONFR+ – Rachel Crustin, publié le 27 janvier et mis à jour le 29 janvier 2024

[LA RENCONTRE D’ONFR]

Alex Tétreault fait partie d’une nouvelle génération d’artistes qui pousse la culture franco-ontarienne à se dépasser. Avec une présentation éclair de 10 minutes, il a remporté deux prix à Contact ontarois (CO), qui lui permettront d’organiser une tournée pour la pièce Nickel City Fifs, une épopée queer sudburoise sur fond de trous, coproduite par le Théâtre du Nouvel-Ontario (TNO). Rencontre avec celui qui fait carrière depuis 2017, mais dont la feuille de route est particulièrement dense.

Alex Tétreault, appelé à commenter les enjeux de l’élection fédérale de 2021 dans une vidéo de ONFR. Archives ONFR

« Vous êtes une personne de théâtre, de politique et de communauté. Comment vous définiriez-vous en quelques mots?

Je dirais que je suis un créateur de théâtre, un brasseur de marde et un membre de conseils d’administration (C. A.) par excellence.

Quel a été votre parcours de vie pour avoir envie de vous impliquer autant dans votre communauté?

Je suis né en 1994 à Sudbury. En grandissant, j’étais un petit nerd. J’étais le jeune de huit ans qui regardait les nouvelles. Je regardais aussi des émissions satiriques comme Royal Canadian Air Farce.

On ne va pas se le cacher, j’ai toujours été un peu flamboyant. Mais je voulais aller en médecine. J’étais bon en sciences et j’aimais ça. C’était un peu difficile pour moi de décider de ce que je voulais faire de ma vie. Tout m’intéressait.

Quand je suis arrivé au secondaire, mon enseignante d’art dramatique m’a dit que je devrais m’essayer avec les Draveurs. Tout a un peu dégringolé de là. T’sais, j’avais un crédit à l’école pour faire des niaiseries en salle de classe!

Je me suis dit qu’en médecine, je pourrais travailler toute ma vie pour essayer de guérir le cancer et ne pas y arriver. Peut-être un peu naïvement, je me disais que c’était plus facile de me démarquer et d’avoir un impact dans la société en faisant de l’art. À l’université, j’ai étudié en théâtre et en sciences politiques, deux sujets que j’adore. Je n’avais pas de plan de carrière, mais tout est tombé en place.

En 2017, Alex Tétreault incarnait le sous-chef du Bloc Québécois au Parlement simulé de l’Université Laurentienne. Gracieuseté

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RADIO-CANADA – Miguelle-Éloïse Lachance, publié le 1er février 2024

De passage dans le Grand Sudbury, la cheffe de l’opposition à Queen’s Park, Marit Stiles, a demandé au gouvernement de Doug Ford le financement d’une université francophone indépendante, en compagnie des députés néo-démocrates du Nord-Est et de l’ACFO du grand Sudbury.

La cheffe du NPD, Marit Stiles, a tenu un point de presse au sujet de financement de l’Université de Sudbury en compagnie des députés Guy Bourgouin, France Gélinas et Jamie West, ainsi que la directrice générale de l’ACFO du grand Sudbury, Joanne Gervais.
PHOTO : CBC/AYA DUFOUR

Les conservateurs continuent à ignorer les actualités des Franco-Ontariens et de Nord, en refusant le financement à l’Université de Sudbury pour avoir une université franco-ontarienne indépendante, qui est par et pour la communauté francophone, a déclaré Mme Stiles.

Son parti accuse le gouvernement de faire du dossier de l’Université de Sudbury un jeu politique.

Pour aggraver les choses, le gouvernement a caché un témoignage qui démontre que l’Université de Sudbury satisfait, et même dépasse les critères pour créer une université française indépendante, a-t-elle ajouté, en référence au rapport de la Commission d’évaluation de la qualité de l’éducation postsecondaire, dont Radio-Canada a obtenu une copie.

Le contenu de ce rapport a été dévoilé par TFO la semaine dernière.

La communauté francophone est unanime, a déclaré pour sa part France Gélinas, députée de Nickel Belt. Nous voulons que l’Université de Sudbury devienne l’université pour, par et avec les francophones du Nord-Est.

Nous avons assez attendu, il est temps que le gouvernement prenne ses responsabilités et nous démontre un peu de respect. Assez c’est assez.

Une citation de France Gélinas, députée provinciale de Nickel Belt

Joanne Gervais, directrice générale de l’ACFO du grand Sudbury, a aussi exprimé son impatience.

La problématique d’un manque d’université par pour et avec les francophones dans notre communauté date de plus de 50 ans, a-t-elle rappelé.

C’est discours, on a déjà eu, on en a déjà parlé, on a offert toutes sortes de solutions à toutes sortes de couleurs, mais on a besoin d’un, on a besoin d’un engagement.

Une citation deJoanne Gervais, directrice générale de l’ACFO du grand Sudbury

Les élus ont aussi fortement réagi à un article du journal Le Droit, qui a eu accès à une note interne du gouvernement concernant le dossier de l’Université de Sudbury.

Une évaluation trop sévère de la part du gouvernement, selon une politologue

Selon Geneviève Tellier, professeure à l’école d’études politiques à l’université d’Ottawa, le gouvernement a souvent fait un parallèle avec l’Université de l’Ontario français, à Toronto, pour justifier son refus de financer l’Université de Sudbury.

Un parallèle trop rapide, selon elle.

L’Université de l’Ontario français qui dans ce cas-ci était une nouvelle institution dans un nouveau marché, rappelle la politologue. Et il y a beaucoup d’incertitudes, alors que pour l’Université de Sudbury, c’est finalement d’aller rapatrier des programmes qui existaient déjà à la Laurentienne.

On connaît les inscriptions, elles étaient là, poursuit Mme Tellier. Ce sont des étudiants qui ne sont plus là parce que les programmes ont été abolis par la Laurentienne.

Est-ce qu’on va tout récupérer ces étudiants-là? Il y a un peu une zone d’incertitude, mais elle n’est pas aussi grande que l’incertitude qu’il y a à Toronto, ajoute-t-elle.

Avec les informations de Bienvenu Senga

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ONFR+ – Pascal Vachon, publié le 31 janvier 2024

OTTAWA — Les établissements postsecondaires francophones qui s’attendent à ce que le gouvernement fédéral exempte les francophones du plafonnement des étudiants étrangers doivent d’abord se tourner vers leurs gouvernements provinciaux, prévient Ottawa.

Le ministre de l’Immigration Marc Miller estime qu’il revient aux provinces de prendre des mesures pour favoriser la venue d’étudiants étrangers francophones malgré le plafond imposé. Crédit image: La Presse Canadienne/Adrian Wyld

Le ministre de l’Immigration Marc Miller invite les établissements francophones au pays, surtout en Ontario et au Nouveau-Brunswick, à « aller voir leurs premiers ministres ».

« Le premier instinct ne devrait pas être de venir voir le gouvernement fédéral », a-t-il lancé avant une réunion du caucus libéral, mercredi matin.

Mais le domaine du recrutement d’étudiants étrangers est « un train sans conducteur depuis fort longtemps et il est vraiment temps de ralentir la locomotive », soutient le politicien libéral. Cette mesure ne vise toutefois pas à ce que « les francophones à l’extérieur du Québec et au Québec soient préjudiciés », convient-il.

« C’est clair que j’ai le souci des étudiants francophones qui viennent pour étudier ici. J’ai une responsabilité particulière envers les francophones en dehors du Québec, selon mon mandat que je compte respecter », assure M. Miller.

La semaine dernière, le gouvernement fédéral a annoncé qu’il plafonnait le nombre de nouveaux étudiants étrangers au pays à 360 000 en 2024, ce qui signifie une baisse de 50 % en Ontario par rapport à 2023.

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FRANCITÉ – Mehdi Jaouhari, publié le 31 janvier 2024

Élaboré par le gouvernement du Québec, le Programme d’appui aux relations canadiennes – Réseaux canadiens offre un financement plafonné à 50 000$ aux organisations de la société civile afin de favoriser les échanges entre le Québec et le Canada.

Drapeaux des jeux du Canada à Sherbrooke – Credit : Mario Hains,

Bonne nouvelle pour les organismes de la société civile. Le Secrétariat du Québec aux relations canadiennes (SQRC) invite toutes les organisations qui souhaitent mettre sur pied ou renforcer des structures ou des réseaux pour favoriser les échanges entre des organismes du Québec et d’ailleurs au Canada à soumettre une demande au Programme d’appui aux relations canadiennes – Réseaux canadiens.

Les organisations ont jusqu’au 11 mars 2024 pour soumettre un projet afin d’obtenir un financement pouvant aller jusqu’à 50 000 $.

Pour être sélectionné, un projet doit réunir au moins deux partenaires dont un au Québec et un autre ailleurs au Canada.

De plus, SQRC sollicite deux types de projets. Le premier type concerne la mise en place et le renforcement de structures ou de réseaux pancanadiens de collaboration et d’échanges.

Le deuxième type l’organisation de forums, de conférences, d’activités de débats, d’ateliers et d’écoles d’été qui permettent aux Québécois et aux autres Canadiens d’échanger sur les enjeux économiques, politiques, sociaux et culturels.

Pour soumettre un projet, il faut remplir le formulaire de demande de subvention et consulter au besoin la page Web de l’appel de projets pour obtenir plus d’information.

ONFR+ – Rachel Crustin, publié le 31 janvier 2024

LA NATION – Les organisateurs de la première édition hivernale du Festival de la curd dressent un bilan positif de l’expérience, qui s’est déroulée les 26 et 27 janvier. Si l’avenir de cet événement emblématique de l’Est ontarien est encore incertain, Groupe Simoncic et la fromagerie St-Albert semblent déterminés à continuer de faire vivre la marque.

La formation Bon débarras était la tête d’affiche de la soirée du samedi. Gracieuseté Groupe Simoncic

« Ça s’est super bien passé », affirme d’entrée de jeu le directeur général de Groupe Simoncic, José Bertrand, joint au téléphone. Cette première tentative hivernale pour le Festival de la curd comprenait deux soirées de spectacles payants et une démonstration de cascades en motoneige gratuite, à laquelle plus de 200 personnes ont assisté, selon José Bertrand.

Erik et Sonny Caouette, alias 2Frères, ont rempli le Centre communautaire St-Albert, une salle de 350 places, vendredi soir. L’autrice de certaines de leurs chansons, Reney Ray, a assuré la première partie en remplacement de Ferline Régis, qui avait d’abord été annoncée.

Le duo 2Frères a fait salle comble lors de la première soirée du Festival de la curd d’hiver. Gracieuseté Groupe Simoncic

Selon le directeur général de Groupe Simoncic, cette première soirée a convaincu plusieurs spectateurs de revenir le lendemain pour le spectacle de Bon Débarras et de la Ligue du bonheur, ou environ 260 personnes se sont présentées. Certains détenteurs de billets s’étaient procuré un passeport curd. Vendus en quantité limitée avant le congé des Fêtes, ils permettaient d’accéder aux deux soirées pour le prix d’une.

« On avait des gens qu’on savait très bien qu’ils prenaient le passeport pour avoir accès à un spectacle et (pouvoir décider à la dernière minute) s’ils venaient ou pas le samedi. Mais les gens, en sortant le vendredi, étaient tellement enjoués qu’ils nous disaient : on n’avait pas prévu, mais on revient demain, ça a été trop le fun. »

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RADIO-CANADA – Raphaële Frigon, publié le 31 janvier 2024

Le Salon du livre fransaskois commencera sa tournée provinciale jeudi avec un nouveau souffle, alors que la librairie-boutique Nation fransaskoise et les Éditions de la nouvelle plume (ÉNP) ont pris en charge l’événement.

La tournée du Salon du livre fransaskois s’amorce le 1er février à l’école Père Mercure, située à North Battleford.
PHOTO : RAPHAËLE FRIGON

La tournée, qui s’entamera à North Battleford, fera escale dans six communautés grâce à cette collaboration. Elle vise également à souligner les 40 ans des Éditions de la nouvelle plume.

Le directeur général de la Société historique de la Saskatchewan et responsable de Nation fransaskoise, Alexandre Chartier, entrevoit cette nouvelle mouture du Salon du livre fransaskois comme un essai. On va voir cette année comment ça va fonctionner, comment ça peut être durable.

L’événement a été interrompu par la pandémie et la fermeture de la Bouquinerie Gravel, qui en était responsable. On a cru que c’était la fin avec la pandémie, mais ça reprend, ça continue de nouveau avec le partenariat, explique-t-il.

Les visiteurs pourront bouquiner, participer à des ateliers créatifs et assister à des lectures publiques. Le salon s’ouvre également aux écoles francophones avec des ateliers pédagogiques.

Alexandre Chartier explique que l’équipe a mis en place des activités pour un peu tout le monde, à la fois scolaire et grand public, avec des lancements de livres presque chaque semaine.

Selon lui, 10 auteurs seront présents, des Fransaskois pour la plupart. Ils ne sont pas tous les mêmes à chaque salon, donc ça peut donner l’envie d’aller voir plusieurs salons à la suite, dit-il.

Alexandre Chartier espère inspirer l’amour du verbe et de l’écriture avec cette tournée. L’objectif c’est de rendre le sens de ce que la littérature peut créer. En mettant en avant les auteurs, j’espère en susciter d’autres.

Après North Battleford, le salon se rendra à Moose Jaw, Gravelbourg, Prince Albert, Saskatoon et Regina.

La tournée du Salon du livre fransaskois

  • À North Battleford du 1er au 3 février à l’école Père Mercure, avec les auteurs Madeleine Blais-Dahlen et Raoul Granger.
  • À Gravelbourg, du 8 au 10 février, au Centre culturel Maillard, avec les auteurs Martine Noël-Maw et Laurier Gareau.
  • À Moose Jaw du 15 au 17 février à l’école Ducharme, avec les auteurs Martine Noël-Maw et David Baudemont.
  • À Regina du 27 février au 2 mars à l’auditorium du Pavillon secondaire des Quatre-vents de l’École Monseigneur de Laval, avec les auteurs Martine Noël-Maw, Laurier Gareau, et Estelle Bonetto.
  • À Saskatoon du 5 au 9 mars à la bibliothèque Rusty MacDonald, avec les auteurs Pierrette Requier, David Baudemont, Laurier Gareau, et Jean-Pierre Picard.
  • À Prince Albert du 21 au 23 mars à l’école Valois, avec les auteurs Madeleine Blais-Dahlem, Raoul Granger, et Estelle Bonetto

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RADIO-CANADA – Céline Marti, publié le 30 janvier 2024

La création d’une résidence coopérative intergénérationnelle est viable. Voilà la conclusion à laquelle arrive le Conseil de la coopération de l’Ontario dans une étude de faisabilité commandée par la Résidence Coopérative De La Baie Du Tonnerre Inc (RCBT).

Paula Haapanen précise que l’étude de faisabilité s’inscrit dans tout un processus et que, si un des scénarios est retenu, il faudra ensuite démontrer comment le réaliser. PHOTO : AVEC LA PERMISSION DE CHADRACK TSASA

En tenant compte des résultats des consultations menées auprès des populations et des organismes francophones de la région dans le cadre d’une étude de marché, le document décortique la faisabilité financière de trois  propositions, dont deux qui sont définie comme viables.

Faisabilité de la résidence coopérative intergénérationnelle de la Baie du Tonnerre

OptionDescriptionCoûtViabilité
Construction neuve – vente du Centre francophoneCession d’un bâtiment par la Ville (41,400 pieds carrés)12,1 M$Oui
Rénovation à bas coûts – considérations optimistesCession d’un bâtiment en bon état et adapté à ce projet par la Ville ( 38 000 pieds carrés)6,1 M$Oui
Rénovation à coûts élevés – conditions conservatricesAchat d’un bâtiment en vente par la Ville (50 000 pieds carrés)16,4 M$Non

Au cœur du projet : 50 logements, dont certains permanents, seraient alloués aux aînés, et d’autres, temporaires, seraient à la disposition des nouveaux arrivants et des francophones de l’extérieur de Thunder Bay nécessitant des soins de santé.

Il y aurait aussi 12 bureaux et une salle communautaire.

D’après Paula Haapanen, agente de développement économique communautaire au Centre francophone de Thunder Bay, les options retenues sont très raisonnables, très mesurées et donnent des pistes [pour aller de l’avant].

Surtout maintenant avec la promesse de la mairie de créer des logements, renchérit-elle.

Rappelons qu’en acceptant les pouvoirs de maire fort l’automne dernier, le maire de la Ville de Thunder Bay, Ken Boschcoff, s’est engagé à construire 2100 logements d’ici 2031.

Si les étoiles s’alignaient, on aurait un succès pour cette coopérative d’habitation.

Une citation de Paula Haapanen, agente de développement économique communautaire au Centre francophone de Thunder Bay

Tout cela à condition que soient mis à disposition des terrains et des subventions, ce qui suppose, toujours selon l’étude, un important travail de lobbying de la part des institutions francophones membres du Centre francophone.

Le fil rouge à ces options est le fait que les pouvoirs publics aux différentes échelles soutiennent ce projet.

Une citation de Extrait de l’Étude de faisabilité : résidence coopérative intergénérationnelle de la Baie du Tonnerre

Mme Haapanen estime que le projet pourrait prendre forme dans les cinq prochaines années, si la construction de logement suit le rythme imposé par la province.

Privilégier une quatrième option

Claudette Gleeson, présidente du Centre francophone de Thunder Bay et de la RCBT, se réjouit de la qualité de l’étude et de sa conclusion.

Pour Claudette Gleeson, la force de cette étude de faisabilité réside dans le fait qu’elle «reflète la réalité d’aujourd’hui» et permet de faire rapidement des demandes de subventions et d’agir lorsque l’occasion se présentera. (Photo d’archives)
PHOTO : RADIO-CANADA / BIENVENU SENGA

Toutefois, elle évoque la possibilité d’une 4e option qui permettrait à la résidence d’être érigée dans le même quartier que le Centre francophone.

Un quartier, rappellent Mmes Gleeson et Haapanen qui répond aux besoins évoqués par les populations sondées quant à l’emplacement : se retrouver à proximité de services comme les épiceries, les commerces, les restaurants et le transport en commun.

J’adore où nous sommes, et acheter des édifices [tout près] de nous autres, ça serait l’idéal!

Une citation de Claudette Gleeson, présidente du Centre francophone de Thunder Bay et de la RCBT

D’autant plus que le Centre francophone subit des rénovations d’envergure qui devraient être terminées dans les mois à venir.

L’idéal, selon Claudette Gleeson, serait de continuer à occuper l’emplacement du Centre francophone, à proximité de plusieurs services.
PHOTO : CAPTURE D’ÉCRAN GOOGLE STREET

C’est vrai […] qu’on a exploré, officieusement, avec les voisins s’ils pourraient nous vendre leur bâtiment, etc., confirme Mme Haapanen. Mais on voit dans l’étude que l’achat d’un bâtiment au prix du marché n’entre pas forcément dans nos moyens, tempère-t-elle.

Un projet rassembleur

Mme Haapanen a bon espoir que le projet se concrétise, car la volonté de la communauté de réaliser un tel projet est forte, estime-t-elle.

Tout est possible si les conditions sont propices […] Ça va voir le jour… un de ces jours!

Une citation de Paula Haapanen, agente de développement économique communautaire au Centre francophone de Thunder Bay

Chez les différents acteurs sondés par les consultants, le désir d’avoir ce logement est toujours en vie, tient-elle à préciser.

Michèle Alderton, résidente aînée de Red Lake le confirme, elle qui juge difficile et dispendieux de loger dans un hôtel le temps de subir des traitements médicaux.

Définitivement, s’il y avait des logis disponibles pour les familles francophones, je serais la première à lever ma main et à dire oui!

Une citation de Michele Alderton, résidente de Red Lake

Au moment de publier, ni l’Association des francophones du Nord-Ouest de l’Ontario, dont la mission est de faciliter l’intégration des francophones, ni l’Accueil francophone, qui offre des services d’interprétation aux francophones devant naviguer dans le système de santé, n’avaient répondu à notre demande d’entrevue.

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ONFR+ – Inès Rebei, publié le 29 janvier 2024 et mis à jour le 30 janvier 2024

SAULT STE. MARIE – 34 ans, jour pour jour, après la déclaration ayant rendu la Ville unilingue anglophone, le conseil municipal de Sault Ste. Marie a fait adopter lundi soir, à l’unanimité, une résolution visant à tourner, définitivement, une page sombre pour la communauté francophone de la région.

La ville de Sault Ste. Marie a voulu poser un geste symbolique envers la communauté francophone. Gracieuseté

Rendre les services en français accessibles en tout temps, voilà le contenu de cette résolution que le maire a promis de concrétiser sans que cela n’impacte financièrement le paiement de taxes des citoyens.

La résolution proposée par le conseiller Duke Dufour et appuyée par la conseillère Lisa Vezeau-Allen n’a pas rencontré d’obstacles et a été saluée par l’ensemble du conseil municipal dont le maire, Matthew Shoemaker, est le seul membre francophone.

« Si un francophone vient à l’hôtel de ville, on aura un membre de l’équipe qui pourra lui répondre en français », explique le maire en entrevue avec ONFR qui ajoute que la municipalité va désormais pouvoir déplacer, temporairement, un des dix membres du personnel de l’hôtel de ville qui parlent couramment la langue française pour servir la population.

M. Shoemaker a déclaré lors de cette rencontre que les francophones étaient au même niveau que la population anglophone. Crédit image : Inès Rebei

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FRANCITÉ – Mehdi Jaouhari, publié le 30 janvier 2024

La nouvelle politique en immigration francophone dévoilée au début de l’année 2024 par Ottawa prévoit la reconduction et l’élargissement du projet pilote des communautés francophones accueillantes (CFA). Des structures locales qui proposent des services exclusifs en Français aux nouveaux arrivants francophones.

Carte des CFA – Gracieuseté

Rétablir et accroitre le poids démographique des communautés francophones et acadienne à ce qu’il était en 1971, soit 6,1 % de la population canadienne à l’extérieur du Québec. C’est l’un des objectifs ambitieux de la nouvelle politique en immigration francophone annoncée récemment par Ottawa.

Un objectif qui nécessitera une pléthore de mesures pour attirer et retenir des immigrants francophones sur le moyen et le long terme.

Parmi les nombreuses nouvelles mesures prévues par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), il y a lieu de citer la reconduction et l’élargissement du projet pilote des communautés francophones accueillantes. Une nouvelle qui a été bien accueillie par les acteurs du secteur de l’immigration francophone hors Québec.

14 communautés

Changer de pays est rude épreuve en soi. S’y installer dans une autre langue que sa langue maternelle ou une langue qu’on maîtrise complique davantage les choses pour les nouveaux arrivants. C’est justement cette barrière que souhaite lever les CFA. Des structures locales créées par et pour les francophones afin de mieux accueillir en Français les immigrants d’expression française en dehors du Québec.

Co-dirigée par IRCC, les réseaux d’immigration francophone, la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) et le Comité atlantique sur l’immigration francophone (CAIF), l’initiative des CFA concerne actuellement 14 zones éparpillées dans les quatre coins du Canada.

Le concept qui était jusqu’à récemment un simple projet pilote deviendra un outil majeur dans le volet intégration de la nouvelle politique en immigration francophone. Mieux encore, de nouvelles CFA verront ainsi le jour dans les prochaines mois.

Vidéo promotionnelle des CFA

RADIO-CANADA – Benjamin Vachet, publié le 29 janvier 2024

Le Commissariat aux langues officielles (CLO) a reçu plusieurs plaintes après l’annonce, en décembre dernier, de compressions dans le personnel et la programmation de CBC/Radio-Canada. Le commissaire Raymond Théberge a décidé d’enquêter sur le dossier.

En décembre, le diffuseur public a annoncé qu’il s’attendait à devoir supprimer 600 emplois dans l’ensemble de l’organisation et à abolir quelque 200 postes vacants à travers le pays. (Photo d’archives)
PHOTO : (IVANOH DEMERS/RADIO-CANADA)

Le diffuseur public a annoncé qu’il s’attendait à devoir supprimer 600 emplois dans l’ensemble de l’organisation et à abolir quelque 200 postes vacants à travers le pays, la plupart au cours des 12 prochains mois, en raison de pressions budgétaires. Radio-Canada et CBC devront chacune supprimer environ 250 emplois, avait alors précisé la société d’État dans un communiqué.

Cette annonce a généré quatre plaintes auprès du Commissariat aux langues officielles.

L’une d’elles allègue qu’en voulant couper à parts égales dans les services français et anglais, CBC/Radio-Canada défavorise de manière disproportionnée les francophones, et notamment les francophones en situation minoritaire qui ont souvent très peu ou aucun accès à d’autres médias en français pour s’informer.

La semaine dernière, le CLO a confirmé que ces plaintes sont recevables. Le commissaire Raymond Théberge a toutefois refusé d’en parler en entrevue en raison des enquêtes en cours.

Le commissaire aux langues officielles, Raymond Théberge (Photo d’archives)
PHOTO : RADIO-CANADA / ANGIE BONENFANT

Dans une déclaration écrite, toutefois, M. Théberge encourage fortement les dirigeants de CBC/Radio-Canada à tenir compte de leur rôle au sein des communautés de langue officielle lorsqu’elle prendra ses décisions.

Il s’agit aussi d’une rare plateforme où le grand public peut recevoir de l’information et avoir accès à du contenu culturel de l’ensemble de la francophonie canadienne, insiste-t-il.

Au niveau des communautés locales, je pense que c’est important qu’on ait notre place et qu’on soit capable de se retrouver.

Une citation de Fabien Hébert, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario

Une analyse que partage le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Fabien Hébert.

Le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, Fabien Hébert (Photo d’archives)
PHOTO : RADIO-CANADA / CHRIS ST-PIERRE

Je crois que c’est la ressource primaire d’information en français pour la communauté franco-ontarienne. Donc de perdre cette ressource-là, c’est d’abandonner la communauté francophone totalement en Ontario. […] Un exemple parfait : les gens du nord, on est attachés à Radio-Canada Sudbury. On peut voir les nouvelles qui sont régionales. Ça nous permet de voir ce qui se passe dans nos communautés.

Des obligations légales, rappelle un avocat

Pour l’avocat spécialisé en droits linguistiques, Mark Power, il ne fait aucun doute que la société CBC/Radio-Canada ne peut agir à sa guise puisqu’elle est soumise à la Loi sur les langues officielles.

Sans connaître les faits […] je m’aventure quand même à souligner que des coupures dans le nombre de postes qui s’appliqueraient mécaniquement tout autant aux francophones qu’aux anglophones m’apparaissent à première vue tout à fait illégales.

L’avocat d’Ottawa, Mark Power
PHOTO : RADIO-CANADA / MAXIM SAAVEDRA-DUCHARME

Il rappelle que la Loi sur les langues officielles comprend de nombreuses dispositions pour favoriser l’épanouissement et le développement des communautés de langues officielles en situation minoritaire.

Les institutions fédérales, dont les sociétés d’État, doivent également considérer les possibilités d’éviter ou, à tout le moins, d’atténuer les impacts négatifs directs que leurs décisions structurantes pourraient avoir sur ces communautés. De plus, la loi reconnaît, depuis sa modernisation en juin, la situation particulière du français, souligne M. Power.

Depuis juin 2023, il est exigé de tenir compte de la situation particulière du français comme langue minoritaire en Amérique du Nord, au Canada, et notamment – mais pas seulement – à l’extérieur du Québec.

Une citation de Mark Power, avocat spécialisé en droits linguistiques

La société CBC/Radio-Canada a indiqué qu’elle n‘accordait pas d’entrevue pour le moment en réaction aux enquêtes du Commissariat.

Nous avons été contactés par le commissaire et sommes prêts à l’aider dans son travail, a-t-elle toutefois précisé par écrit, ajoutant qu’elle se conforme à la Loi sur les langues officielles.

Nous sommes particulièrement conscients de l’importance de Radio-Canada et de CBC dans les communautés de langue officielle en situation minoritaire à travers le pays, a assuré la société d’État. Il est encore trop tôt pour parler des réductions dans les différents secteurs. Notre objectif est de minimiser les impacts sur les services que nous offrons à la population canadienne et de bien nous positionner pour l’avenir.

La FCFA a rencontré la PDG de CBC/Radio-Canada

Même si elle ne veut pas tirer la sonnette d’alarme trop rapidement, la présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, Liane Roy, est préoccupée par l’annonce de décembre.

Raison pour laquelle la FCFA a sollicité une rencontre avec la présidente-directrice générale de CBC/Radio-Canada, Catherine Tait.

Ce qu’on voulait s’assurer, c’est qu’au niveau des régions, tous ces services demeurent intacts.

Une citation de Liane Roy, présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada

À la sortie de ce rendez-vous, jeudi dernier, Mme Roy a parlé d’une bonne rencontre.

On ne sait pas exactement ce qui va se passer comme coupures, mais c’est important de rappeler que notre radio et notre télé d’État ont des exigences par rapport à la nouvelle Loi sur les langues officielles et [doivent] répondre à ces exigences-là.

La présidente de la FCFA rappelle notamment qu’en vertu de la loi, la société CBC/Radio-Canada devra consulter les communautés de langues officielles si les plans envisagés risquent d’avoir un impact négatif sur celles-ci.

Tenir compte d’une réalité particulière, demande le gouvernement

Si son organisme n’a pas déposé de plainte auprès du Commissariat aux langues officielles, Mme Roy juge la démarche intéressante. Elle compte également sur le gouvernement libéral pour veiller à ce que CBC/Radio-Canada respecte ses obligations.

Le gouvernement doit faire son travail de s’assurer que cette loi est suivie, a expliqué la présidente de l’organisme porte-parole des francophones en contexte minoritaire.

La présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA), Liane Roy
PHOTO : RADIO-CANADA / SIMON LASALLE

Le bureau du ministre des Langues officielles, Randy Boissonnault, n’avait pas répondu à une demande d’entrevue au moment de publier ce texte.

De son côté, l’équipe de la ministre du Patrimoine canadien, Pascale St-Onge, a renvoyé la balle à CBC/Radio-Canada, mais lui a rappelé sa mission, dans une déclaration écrite transmise lundi matin.

La Société Radio-Canada joue un rôle crucial pour les communautés rurales et éloignées et pour les communautés de langues officielles en situation minoritaire, et on s’attend à ce qu’elle tienne compte de leurs réalités de manière active dans les décisions qui sont prises.

M. Power rappelle toutefois qu’il est de la responsabilité du gouvernement de veiller à ce que les institutions fédérales respectent la Loi. Il ajoute également qu’une menace pourrait peser sur la société d’État en cas de non-respect de ses obligations.

La nouvelle Loi sur les langues officielles fait appel à la cour fédérale, à des juges indépendants d’intervenir, et je veux penser que l’appareil judiciaire sera au rendez-vous si – et quand – la haute direction de Radio-Canada/CBC ne fait pas ses devoirs.

Mme Tait sera entendue par le comité permanent du patrimoine canadien, mardi, pour répondre à des questions sur les compressions au sein de CBC/Radio-Canada.

Avec les informations de Rebecca Kwan

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