RADIO-CANADA – Jennifer Magher, publié le 11 juin 2023
À la suite du jugement favorable au Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique (CSF) pour l’ouverture d’une école francophone sur le site de l’annexe Queen Elizabeth de Vancouver, des parents se réjouissent, mais partagent également certaines inquiétudes pour leurs enfants.

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Pascal Simonpietri est président de l’Association des parents de l’école Rose‑des‑Vents, une école francophone située dans l’ouest de Vancouver. Il se dit heureux que la Cour suprême de la Colombie-Britannique ait été dans le sens des francophones.
Pour une fois, on fait valoir nos droits. C’est une excellente nouvelle de savoir que, après des années et des années d’attente, on va avoir enfin une nouvelle école
, précise-t-il.

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« Même si on l’attendait, c’était un peu inespéré. Donc on était très, très contents. »— Une citation de Pascal Simonpietri, président de l’Association des parents de l’école Rose‑des‑Vents
L’annexe Queen Elizabeth, à l’ouest de la rue Granville de Vancouver, accueille en ce moment environ 70 élèves en immersion française entre la maternelle et la troisième année.
Le CSF prévoit y offrir dès septembre l’enseignement en français pour environ 65 élèves. L’école viendrait ainsi desservir l’ouest de Vancouver. En 2015, la Cour suprême du Canada statuait que l’offre scolaire en français était insuffisante dans cette partie de la ville.

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L’annexe Queen Elizabeth s’ajoute ainsi à l’École Rose-Des-Vents et à l’École des Colibris, toutes deux des écoles francophones situées dans l’ouest de Vancouver.
Des travaux qui soulèvent des questions
Lorsque le CSF a évoqué de la possibilité d’acquérir l’annexe Queen Elizabeth, Pascal Simonpietri indique que l’organisation avait aussi fait mention des travaux à effectuer sur le site.
Dans le communiqué du CSF reçu vendredi, nous avons appris que potentiellement, l’école ouvrirait en septembre. Ça a déclenché un petit affolement chez les parents
, déclare-t-il.
L’intégration d’une école qui n’est pas encore rénovée, la nature des travaux à effectuer et la transition sont au cœur de ses préoccupations.
Pascal Simonpietri se rappelle de la transition lors de l’ouverture de l’École des Colibris lors de laquelle les enfants ont dû être séparés de leurs amis. Tout a changé en quelques mois. On a un peu peur que ça se passe de la même façon, qu’on doive tout à coup être séparé de l’École Rose-des-Vents, des amis du service de garde, des repas chauds
, précise-t-il.
Le président de l’Association des parents de l’école Rose‑des‑Vents souhaite toutefois que la transition se déroule le mieux possible. Pour l’instant, nous n’avons pas beaucoup de réponses, mais le CSF a témoigné d’une envie de collaborer, de nous consulter en amont avant de prendre des décisions
, se rassure-t-il.
Une demande croissante pour les écoles d’immersion française
Pour sa part, Diana Batts fait partie de la Queen Elizabeth Annex Parents’ Society qui s’est battue contre le transfert de l’annexe Queen Elizabeth au CSF. Elle est mère d’un enfant en immersion française qui fréquente la maternelle à l’annexe Queen Elizabeth.

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Dans un contexte de pénurie de places dans les écoles en immersion française, Diana Batts se dit déçue de la décision de la Cour suprême de la province. L’immersion en français est en demande, et il est difficile d’accéder à une maternelle en immersion française. Il est très important de permettre aux parents de commencer à éduquer leurs enfants en français afin qu’ils deviennent bilingues
, précise-t-elle.
La décision rendue vendredi concerne seulement l’injonction qui visait à empêcher le transfert de l’annexe Queen Elizabeth au CSF pour la prochaine année scolaire. Le 25 septembre débutera un procès opposant le CSF au Vancouver School Board et la province au sujet du transfert rapide du site de l’annexe Queen Elizabeth au CSF.
C’est de la folie que les conseils scolaires se battent les uns contre les autres au sujet de la langue française
, estime Diana Batts.
« Nous sommes des parents qui voulons que nos enfants soient bilingues […]. Le CSF veut des écoles pour les enfants francophones. Nous devrions donc tous travailler ensemble pour améliorer la langue française en Colombie-Britannique, et tous les niveaux de gouvernement devraient soutenir cette initiative. »— Une citation de Diana Batts, membre de la Queen Elizabeth Annex Parents’ Society
De son côté, le CSF n’a pas accordé d’entrevue à Radio-Canada pendant le week-end, mais il réagira à la question lundi.
Avec les informations de Francis Plourde